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La fête villageoise au Vietnam

Les activités culturelles en général et la fête villageoise au Vietnam en particulier, sont pour les gens qui habitent à la campagne, les plus connues, les plus significatives et celles auxquelles ils sont le plus attachés. Chaque année, au retour du printemps et de l’automne, les campagnards ont l’occasion de se reposer, après la fatigue des récoltes. Pour animer ces occasions, partout on organise des fêtes traditionnelles.

Les paysans travaillent toute l’année, sous le soleil et la pluie. Ils ont seulement deux occasions pour se reposer, pendant les deux premiers mois de l’année et durant le mois d’août, c’est à dire après le repiquage du riz du cinquième moi lunaire et celui du dixième mois lunaire. Pendant ces périodes, ils attendent le moment de la récolte du riz et la récolte des cultures vivrières en terre sèche.

 

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Fête villageoise au Vietnam

Le printemps et l’automne deviennent donc les deux saisons des fêtes villageoises. Mais les plus nombreuses sont les fêtes du printemps. Les villages au Vietnam rivalisent d’effort, en organisant leurs fêtes. Certains commencent dès l’arrivée du printemps. D’autres les organisent un peu plus tard.

L’importance de la fête villageoise:

Le but principal des fêtes ne consiste pas à distraire le peuple. La fête villageoise Vietnamienne vise d’abord à exprimer le respect, la reconnaissance des villageois envers leurs génies tutélaires, les esprits, protecteurs des villages. D’après la croyance populaire, le génie tutélaire demeure dans la maison communale, témoin de la vie des villageois, protecteur et défendeur de tous, il partage leur vie quotidienne et garde dans sa mémoire tous les souvenirs du village.

Cette occasion permet aux villageois de se connaître. Le Viêtnam est un pays agricole. Les paysans sont occupés durant presque toute l’année, par des travaux champêtres; c’est pourquoi ils ont rarement des occasions de se rencontrer pour bavarder…. En plus, il existe peu de contacts entre la direction communale et les gens du village. Les conseillers communaux sont parfois mal compris par les villageois. Les fêtes villageoises au Vietnam sont donc des occasions propices à la rencontre entre les dirigeants et les habitants du village, leur permettent de mieux se comprendre.

C’est le bon moment qui permet aux habitants du village, soit qui ne connaissent pas bien les rites traditionnels de les découvrir, soit qui ne participent pas souvent aux fêtes, en raison de leurs situations économiques, d’en connaître la valeur. Les belles traditions sont ainsi conservées et valorisées.

Les belles traditions sont ainsi conservées et valorisées.

De nombreuses activités culturelles, organisées à cette occasion, encouragent la participation des villageois.

Concours de cuisson du riz, concours de tissage, et de garde des nourrissons en même temps. N’est-ce pas là l’encouragement des filles dans des travaux ménagers? Le combat de coq, le concours du plus beau et plus gros cochon ont pour but d’encourager l’élevage.

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Concours de cuisine lors de la fête villageoise

La lutte, les arts martiaux, les compétitions de jonques visent à encourager les jeune gens dans l’éducation physique pour la défense nationale.

Le concours de poésie incite la population à poursuivre ses études. La mise en scène de pièces théâtrales vise à rappeler, soit une partie de la gloire d’un génie, soit l’apogée grandiose du peuple vietnamien.

Lors de ces fêtes, c’est aussi une occasion pour les jeunes villageois Vietnamiens d’apprendre à se connaître, et révéler leurs amours. L’idiologie confucéenne empêche, dans une certaine mesure, les jeunes gens de se rencontrer quand ils le veulent. Ils attendent donc des occasions favorables pour exprimer leurs sentiments. Ils sont regardés d’un ‘‘œil bienveillant” par les gens respectables et vénérables du village. Pendant cette occasion, certains villages organisent des jeux de balançoire à deux, puis succèdent les mariages, on remarque l’harmonie entre la nature du début du printemps et la joie de l’homme.

Enfin, pendant cette occasion de fête villageoise, on organise souvent à la maison communale, des repas copieux auxquels assistant presque tous les villageois. Chaque famille apporte sa part, souvent une somme d’argent permettent aux responsables du village de préparer des repas avec du riz gluant, du porc, des légumes, des fruits et de l’alcool. Après avoir mangé, chaque famille reçoit sa part à emporter. C’est pourquoi, chaque fois que le village organise le banquet, les villageois cotisent avec plaisir pour pouvoir y assister et recevoir leur part du repas.

Ce sont là les objectifs principaux pour lesquels les fêtes villageoises au Vietnam sont organisées. En dehors de ces raisons, il y en une autre raison qui n’est pas moins importante vis-à-vis des villageois: Deux villages voisins sont rivaux, à propos d’un litige du territoire occupé illégalement par l’autre partie, par exemple. Lors de la fête d’un village, le village voisin y envoie ces représentants pour exprimer la solidarité. Alors cette rare occasion permet aux deux rivaux d’oublier leur rancune, de se mettre à table pour entamer la négociation de resserrer leurs rapports de bon voisinage.

Les Vietnamiens organisent leurs fêtes au printemps et à l’automne en raison du climat, parce qu’au printemps, il fait tiède, à l’automne il fait frais. Au printemps commence une nouvelle année. L’automne marque le retour d’une saison favorable, après la saison des pluies et des tempêtes.

La fête villageoise comporte ordinairement trois phases rituelles principales:

  • Célébration des cérémonies de culte (te le)
  • Jeux de distraction
  • Festins

La célébration des cérémonies de culte est une façon d’exprimer le respect, la reconnaissance des habitants du village envers leur génie tutélaire ou le fondateur de leur village.

Le nettoyage des statues (Moc Duc):

La veille de la fête, dans la maison communale ou dans le temps ou le génie demeure, les statues sont nettoyés d’abord avec l’eau propre du puits ou du fleuve, au moyen d’une serviette de couleur rouge, ensuite avec de l’eau où on a trempé du Garo (bois d’aigle), et que l’on a assaisonnée de cinq ingrédients (basilic entre autres)

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L’habillement de la statue (Gia quan):

On habille la statue du héros des vêtements et du chapeau que le roi lui avait accordés et qu’il portait, de son vivant, en raison de son mérite envers la patrie. Si ces vêtements et chapeaux n’existent plus. On les remplace par des vêtements et chapeaux en papier. Une fois encore, les vieux du village lavent le visage de la statue avec de l’eau à cinq ingrédients. Le torchon rouge qu’on utilise pour le lavage de la statue doit être partagé en plusieurs morceaux. La coutume dit que ce torchon portera la chance à celui qui le portera au cou.

L’organisation de la procession (Ruoc):

Pendant la procession, la statue du génie sera portée ou elle retournera soit du temple à la maison communale, soit dans un lieu de culte. La procession doit être solennellement organisée au niveau communal. Seuls les garçons de 18 ans où plus ont le droit d’accompagner le cortège.

La cérémonie commence par un chapelet de pétards, puis on fait sortir les deux palanquins du temple et on les expose.

La procession commence alors. En tête viennent deux drapeaux (Viet, Mao) qui symbolisent la puissance des génies. Tiet est le drapeau de commandement que le roi confie à la personne à qui il fait confiance. Mao est le drapeau tressé de plumes qui symbole le titre accordé par le roi.

Viennent ensuite cinq drapeaux de cinq couleurs (ngu Hanh): Bleu, rouge, blanc, jaune et noir, symbolisant cinq armées du héros. Le rouge incarne le feu, le jaune le sol, le bleu le bois, le blanc, le métal, le noir, l’eau.

Certains villages Vietnamiens utilisent quatre drapeaux, au lieu de cinq. Les quatre drapeaux représentent quatre orientations: Le bleu désigne l’Est, le rouge: le Sud, le blanc: l’Ouest, le vert: le Nord. Après ces cinq drapeaux, viennent quatre autres représentant quatre animaux sacrés (tu linh). Sur chaque drapeau est brodée l’image d’un animal, le dragon, la licorne, la tortue ou le phénix.

Les jeunes garçons, porteurs de drapeaux, s’habillent à la manière des soldats d’autrefois. La tête coiffée d’un chapeau de soldat, la ceinture nouée sur un côté.

Après le drapeau, c’est le grand tambour, symbole du ralliement aux combats et dont le contour est laqué de doré et de rouge traditionnels transporté par deux personnes. Une autre le frappe d’une baguette dorée, un autre garçon porte un grand parasol pour ombrager le tambour.
Le grand gong qui accompagne toujours le tambour, est transporté par deux autres hommes, tandis qu’un troisième le frappe, et qu’un quatrième est porteur de parasol

Ensuite, ce sont deux chevaux de bois blanc et rouge, posés sur une voiture à brancard, tirés par un homme du cortège. Le long du cortège, on remarque une troupe de musiciens, Dong van qui portent des petits tambourins munis d’un manche, et des gongs, suivis par trois personnes coiffées de chapeau” Dau), dont les ceintures nouées sur un côté, retient chacune une épée.

Après la troupe Dongvan, c’est le palanquin couvert (Long Dinh), sur lequel on a mis les cinq offrandes (suivant les rites bouddhiques; eau; encens; riz; cierge; fleur) et quelques vases avec des baguettes d’encens.

L’autre palanquin découvert, sur lequel se trouve le chapeau et les vêtements ou la statue des génies, s’il y a lieu, est transporté par huit personnes assistées de huit autres, en cas de remplacement.

Les vieux et les fonctionnaires du village terminent le cortège. Tous sont en costume traditionnel.

Il arrive qu’une procession soit co-organisée par deux ou trois villages car ils ont le même génie protecteur. Dans ce cas là, le cortège est souvent très long. Le nombre de participants est plus important. Chaque village a un palanquin couvert, sauf ‘‘le village le plus important” qui possède un palanquin découvert.

Les distractions pendant la fête

Balançoire

Il existe plusieurs modèles de balançoires: Balançoire qu’on pousse soi-même (du dua), balançoire qu’on tire, balançoire en forme de balancelle. Le portique de bambou est généralement fait par des perches longues de 4 mètres. La balançoire la plus simple est “du dua”. On peut y monter à deux ou seul. En général une jeune fille et un jeune homme y montent et se balancent, à l’aide de l’impulsion qu’ils donnent avec leurs pieds et leurs reins.

Lutte

Les lutteurs sont généralement appelés du nom Do Vat. On explique souvent ce nom par le fait qu’autre fois les rois avaient des porteurs de palanquins très robustes nommés Do Luc Si, par extension on a donné leur nom aux lutteurs.

A l’occasion des fêtes, on organise des concours de lutte, dans lesquels des troupes de lutteurs viennent s’affronter pour obtenir les prix attribués. Le village expose les prix devant la porte de la maison communale. Exemple de prix: premier prix, trois piastres antique, un turban, second prix, deux piastres. Avant le combat, les lutteurs adressent une prière au génie du temple communal.

 

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La lutte en fête villageoise

Combats d’oiseaux

Les oiseaux destinés aux combats sont des rossignols (hoa mi) mâles de grande taille. On les nourrit dans des cages de forme variée (rondes, carrées, hexagonales, octogonales) et joliment laquées. Comme nourriture on leur donne du millet (ke) mélangé à du jeune d’œuf et, aux approches du jour de combat, on leur donne de l’eau de ginseng de Corée (nuoc sam cao li) pour accroître leur force. Le combat des oiseaux a lieu dans une cage spéciale à porte carrée et qui présente à l’intérieur une passerelle où se déroule leur combat.

Lorsqu’on veut faire combattre deux oiseaux, on rapproche leurs cages et on place entre elles la cage d’une femelle. Quand les deux mâles ont bien regardé la femelle on enlève la cage de cette dernière. Sur la passerelle les deux adversaires se livrent un combat à coups de bec et à coups de pattes. On arrête leur combat si l’un des oiseaux est blessé ou s’ils s’enfuient.

Le règlement du combat est le suivant: A chaque coup de bec d’un oiseau sur l‘autre, le représentant de ce dernière verse une pièce, à chaque coup de patte, la somme versée est de cinq pièces.

Combat de poisson

Au Vietnam, le poisson de combat est un poisson spécial; sa taille est aussi grande qu’un doigt, son corps est légèrement rayé de rouge et de vert, sa queue et longue (ca thia lia). Deux poissons que l’on désire faire combattre doivent être nourris dans des eaux différentes, par exemple l’un dans une eau de mare, l’autre dans une eau fluviale. Cela, afin de les rendre différents l’un de l’autre. Le combat a lieu dans un bocal assez grand et se termine par la mort de l’un des deux adversaires.

Combats de buffles

Ils ont lieu particulièrement à Do Son, près de Hai Phong dans le nord du Vietnam, le jour de la fête du génie de la mère, soit le 10è jour du 8è mois.

Combats de grillons (Choi de)

Ils ont lieu généralement au printemps. Les récompenses sont très élevées. On doit choisir un grillon mâle très grand et fort. On le met dans une petite cage et chaque nuit on expose la cage à la rosée pour qu’il puisse boire la rosée. On les fait combattre deux par deux sur un petit plateau laqué de rouge et doré. Chaque coup de patte parvenant à son but compte sur un point. Le grillon qui a remporté trois victoires de suite est classé premier, deux, deuxième et une, troisième.

Lâcher de pigeons

On doit choisir les pigeons voyageurs (pigeons de race). Avant le concours, on expose les récompenses; puis on doit s’assurer que le jour du concours le Ciel sera découvert, car, s’il y a grand vent et pluie, les pigeons risquent de se disperser.

Au moment du lâcher, les propriétaires amènent leurs pigeons dans leurs cages. Pour le signal, on frappe quelques coups de baguettes sur le dessus de chaque cage, les oiseaux lèvent le cou; on ouvre les cages et les oiseaux s’envolent par bandes formées chacune des oiseaux de chaque cage. Le groupe qui vole le plus haut en parfaite. La cohésion est déclaré vainqueur. Après le concours, les propriétaires retournent chez eux avec leurs cages vides pour accueillir les pigeons qui reviennent.
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