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Village vietnamien

Le village vietnamien est très important. La plupart des Vietnamiens vivent en villages, quelques villages vietnamiens forment une commune. Plusieurs communes composent un grand village, le Vietnamien de génération en génération est attaché à son village, au “que cha dat tô” (village paternel, terre ancestrale) avec comme un amour spécial pour son lieu de naissance. C’est la raison pour laquelle on distingue la population originaire et population résidente, on ne félicite pas du tout quelqu’un originaire d’autre village qui s’installe dans notre village, si non il est jugé immigré par la population résidente, il est mal respecté, et le plus important c’est qu’il n’a pas le droit de participer aux activités communales du village.

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La porte d’entrée du village vietnamien

Cette distinction a pour but de maintenir de la stabilité des villages. Au niveau de l’administration du village vietnamien, à partir de 18 ans, les jeunes du village doivent participer à la cérémonie de la confirmation pour changer de classe, au point de vue matériel, il a droit à un lopin de champ communal pour cultiver, les récoltes, déduites de la partie qu’il doit verser à la commune, lui appartiennent et constituent un revenu non négligeable.

L’honneur suprême d’un membre du giap (l’âge à partir de 18 ans) pour monter au grade des anciens. Habituellement, on arrive dans la catégorie des anciens à 60 ans. Devenir ancien veut dire occuper une place d’honneur sur la natte haute placée. La classe ancienne est honorée par tout le village. Chez les communautés montagnardes qui n’ont pratiquement pas subi l’influence de la culture chinoise, depuis les temps impériaux, les gia lang (anciens du village), et hoi dong gia lang, Conseil des anciens du village ont pratiquement toujours gardé la totalité des pouvoirs. Dans les régions des Viet (dans le delta), où les pouvoirs réels dans le village ont été transférés aux classes plus jeunes, la tradition de respecter les anciens a toujours été maintenue (respecte le gens âgés et tu deviendras vieux dit le proverbe vietnamien).

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La maison communale du village vietnamien

Dans les séances solennelles, les anciens sont placés au même rang que les les Tu Tai (bacheliers), les septuagénaires, à côté des Cu Nhan (licenciés) et les octogénaires avec les Tien Si (docteur).

  • La population chinh Cu (originaire ou native) dans le village du Vietnam est partagée en 5 catégories:
  • Chuc sac (dignitaire diplômés), comprenant des lauréats ax concours ou distingués par le roi.
  • Chuc dich (dignitaires administrateurs), comprenant les gens ayant des fonctions définies dans l’appareil administratif de base.
  • Lao (anciens) comprenant tous les gens âgés du village.
  • Dinh (actifs), comprenant des hommes dans la force de l’âge à partir de 18 ans
  • Ti au ( Banjamins), enfants du village.

Les deux premières catégories et une partie de la troisième comprenant les plus âgés, forment un organe appelé notables du village. Ceux-ci se divisent à leur tour en grands notables, notables administrateurs, notables anciens. Les notables comprennent les plus âgés du village et jouent un rôle de conseiller au Conseil des notables.

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Le puit communal du village vietnamien

Ainsi, en relation directe avec la population,  et à la tête des li dich, il y a le li truong (administrateur en chef) ou xa truong (chef du village), sous ses ordres: Pho li (administrateur adjoint), le huong truong (qui s’occupe de la sécurité). Il y a encore le so dinh (registre de la population), le so dien (registre de terrains), l’un pour contrôler le travail (hommes aptes), et l’autre pour l’économie (rizières et terrains).

Ainsi, l’esprit d’autonomie à un degré aussi élevé des villages vietnamiens est une évidence devant laquelle l’état féodal et colonialiste s’avoue impuissant. Les communes paysannes sont comme un petit royaume, avec des lois propres que les villageois appellent Huong Uoc (conventions villageoises), et sa petite Cour propre (où l’organe législatif et les administrateurs du village constituent l’organe exécutif; certains villages, pour imiter la Cour, proclament même les quatre plus âgés du village, Tu Tru-les quatres piliers (= quatre principaux mandarins de la Cour suprême). La tradition Phep vua thua le lang (la loi du roi cède aux coutumes du village) est une illustration des relations démocratiques entre l’état féodal et les communes vietnamiennes..

Les caractéristiques du village vietnamien :

Dans les villages, il y a des symboles traditionnels du caractère communautaire qui sont: la Cour de la maison communale, le bord du point d’eau public-le grand banian du village.

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La fête villagioise au Vietnam

Le dinh, la maison communale du village vietnamien

C’est un centre administratif: tous les événements importants du village se déroulent ici. Le conseil des notables et celui des administrateurs se passent ici. On y collecte les impôts et les taxes. Il sert de résidence pour les grands mandarins et dignitaires qui viennent en inspection ou en visite. On y réunit des tribunaux pour juger les accusés, et on y garde les condamnés en détention provisoire. C’est aussi le centre culturel: toutes les fêtes et les cérémonies du village on lieu ici. Lors des fêtes, dans la cour, on organise des représentations théâtrales, c’est aussi un centre de culte. La construction de la maison communale obéit à des contraintes géomanciennes strictes car la position du terrain et la direction de la maison sont tenues pour responsables du destin de toute la commune. C’est où est entretenu le culte Thanh Hoang (génie tutélaire du village).

Le puit communale du village

Se trouve à côté de la maison communale, c’est là où les femmes se réunissent pour le nettoyage des légumes, le lavage du riz, la lessive, le linge… Le puits communal est devenu le symbole type de la femme à un tel degré que dans des cas de haine entre deux villages, et cela s’est déjà vu, on en arrive à jeter un sort au puits du village adverse en y plantant un pieu au milieu pour –en est-on persuadé-en rendre toutes les femmes des mères illégitimes!

Le présent du banian au village vietnamien

Au Vietnam, le banian pluri centenaire à l’entrée du village avec au pied un petit autel continuellement enfumée de bâtonnets d’encens est un lieu sacré: c’est là où se réunissent génies ou esprits (les génies sont dans le banian, les fantômes dans le kapokier, hiboux et renards dans le ficus dit le proverbe), si on respecte le banian, c’est parce qu’on craint le génie dedans). Au pied du banian, il ya souvent une petite buvette, endroit où se reposent parfois les paysans durant les travaux des champs, ou des passants. Grâce aux passants, le pied du banian est devenu une sorte de fenêtre qui permet au village de regarder vers le monde extérieur.

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La haie de bambou.

La haie entoure le village et devient une sorte de rempart solide, inviolable, indestructible par le feu, impossible à franchir, avec des racines qui interdisent de creuser des souterrains. La haie de bambous est une particularité importante qui fait la différence entre villages du sud et fermes fortifiées chinoises qu’entourent des remparts de terre.

Le village dans le sud Vietnam

Sous la dynastie des Nguyen, l’exploitation des plaines du Sud a apporté un nouveau visage à la campagne vietnamienne. Dans le Sud, la campagne s’organise aussi en villages, mais si les villages au Nord restent bien en vase clos derrière la haie de bambous, la principale caractéristique des villages du Sud est l’ouverture.

Ici, on ne voit pas une haie de bambous tout autour, avec un portail qui s’ouvre le matin et se referme le soir comme au Nord. Les foyers vivent de façon disséminée, le long des routes ou des cours d’eau, dans les endroits où la vie leur semble facile. Leurs villages ne sont pas soumis à des institutions strictes et la plupart d’entre eux n’ont pas leur Huong Uoc (règlements intérieurs). Le Thanh Hoang (génie tutélaire) devient ainsi une notion plus ou moins vague.

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Haie de bambou du village vietnamien

Dans le sud, les hameaux et les fermes s’installent le long des canaux et des arroyos. La population du village vietnamien du Sud est souvent fluctuante, le paysan n’est pas attaché au pays comme dans les villages du nord du Vietnam. Ce qui donne aussi au paysan du Sud un caractère plus insouciant: on peut dépenser tout ce qu’on a gagné, au fur et à mesure, sans s’occuper du reste. Cette mentalité se reflète nettement dans une chanson populaire du Sud : sur le chemin de l’aventure, si on voit une bande de canards, on les emmène, si l’occasion de se marier se présente, on en profite, si on est invité à se faire bonze, on ne refuse pas.

Toutes ces différences ont leurs raisons, la population est fluctuante car ici, beaucoup de terres arables ne sont pas encore exploitées. On peut facilement quitter son village pour aller défricher d’autres terres moins difficiles. Si on propose aux gens du Sud de changer d’aire d’habitat, ils y sont prêts. Une famille s’en va facilement, précédée de son troupeau de buffles, les maigres effets personnels dans une petite charrette ou une barque. Et partout on peut trouver un terrain pour cultiver et du bois pour construire une maison. On n’est guère embarrassé pour le problème de logement. Cependant, même fluctuante, la population du Sud s’organise toujours en villages à l’ombre des bambous, chaque village vietnamien ayant sa maison communale avec son culte du génie tutélaire, et les gens se réunissent toujours à l’occasion de la fête et des cérémonies annuelles.