Marché flottant de Cai Be : Tout savoir avant de partir
Résumé du contenu
Au lever du jour, la rivière Tien change lentement de couleur devant l’église de Cai Be. Quelques bateaux chargés de fruits rejoignent encore les embarcations locales, tandis que les maisons anciennes, les vergers et les petits canaux racontent une autre facette du delta du Mékong. Le marché flottant de Cai Be n’a plus aujourd’hui la densité commerciale visible sur les photographies anciennes. Il mérite néanmoins une visite si vous l’abordez comme une étape fluviale complète, et non comme la promesse d’un vaste marché encore intact.
Cai Be se trouvait autrefois dans la province de Tien Giang. Depuis la réorganisation administrative entrée en vigueur en juillet 2025, la commune appartient à la nouvelle province de Dong Thap. Elle s’étend sur la rive nord de la rivière Tien, face à Vinh Long, à environ 110 km de Saigon. Ce guide vous aide à choisir le bon horaire, organiser une balade en bateau, comprendre ce qui subsiste du commerce sur l’eau et combiner la visite avec l’île de Tan Phong et le village ancien de Dong Hoa Hiep.

Le clocher de l’église de Cai Be domine la rivière Tien et sert de repère à l’arrivée en bateau.
Que reste-t-il du marché flottant de Cai Be aujourd’hui ?
Le marché flottant de Cai Be est aujourd’hui un marché résiduel : le nombre de bateaux marchands varie fortement et peut être très faible certains matins. Jusqu’au début des années 2000, les grossistes venaient y échanger fruits, légumes et produits agricoles entre les vergers de l’ancien Tien Giang, les rives de Vinh Long et les embarcadères de Ben Tre. Les transactions se faisaient directement d’une embarcation à l’autre, chaque bateau pouvant servir à la fois de moyen de transport, d’entrepôt et de lieu de vie temporaire.
Le développement des routes, des ponts et du transport par camion a progressivement déplacé ce commerce vers la terre. Les producteurs gagnent désormais plus rapidement les marchés et les plateformes de distribution par la route, tandis que les familles installées sur les berges utilisent des bateaux plus petits pour leurs déplacements quotidiens. Cette transformation explique pourquoi les photographies anciennes et certaines présentations touristiques ne correspondent plus à la réalité observée aujourd’hui.

Une scène historique du marché flottant de Cai Be, lorsque les échanges sur la rivière étaient encore denses.
La visite reste intéressante pour observer la géographie fluviale de Cai Be. À proximité du confluent, les façades du bourg, le clocher de l’église, les bateaux de service et les maisons tournées vers l’eau composent un paysage cohérent. Le guide peut expliquer comment la rivière Tien reliait les vergers aux centres de consommation et pourquoi le bourg s’est développé à cet endroit précis, au croisement de plusieurs voies d’eau.

Le cay beo permettait aux acheteurs d’identifier les fruits et légumes vendus à bord.
Quelques embarcations utilisent encore le cay beo, une longue perche sur laquelle le vendeur suspend un fruit ou un légume pour annoncer sa marchandise. Un ananas, une noix de coco ou une grappe de bananes visible de loin suffisait à renseigner l’acheteur, même lorsque le bruit des moteurs empêchait toute conversation. Observer ce système, les dimensions des coques et l’organisation des marchandises permet de comprendre le fonctionnement de l’ancien marché sans le réduire à une simple scène photographique.
À quelle heure partir pour voir les bateaux ?
Le créneau le plus pertinent se situe entre 5 h 30 et 7 h 30. La lumière est douce, la chaleur reste supportable et les rares échanges commerciaux ont davantage de chances d’être visibles. À cette heure, vous apercevez aussi les navettes locales, les habitants qui rejoignent le marché terrestre et les cuisines qui se mettent en place sur les berges. Après 8 h, l’activité diminue nettement et la plupart des bateaux rencontrés sont des embarcations de transport ou de tourisme.
Les horaires ne constituent toutefois pas une garantie. Le niveau de l’eau, les récoltes, la météo, les jours de marché terrestre et les besoins des grossistes influencent les mouvements sur la rivière. La marée peut également modifier l’accès à certains petits canaux ou la hauteur des embarcadères. Demandez donc au batelier de confirmer non seulement l’heure de départ, mais aussi le parcours réellement praticable le lendemain.

Les bateaux de fruits rappellent le rôle de Cai Be comme ancien marché de gros du delta.
La saison sèche, généralement de décembre à avril, facilite la navigation et les promenades à vélo. Les journées sont lumineuses, mais la chaleur devient marquée à partir de la fin de matinée. Entre mai et novembre, les averses peuvent être courtes mais intenses. La végétation est alors particulièrement verte, les vergers sont généreux et le ciel change rapidement : prévoyez une protection légère contre la pluie plutôt qu’un parapluie encombrant sur le sampan.
Pendant le Tet, certaines activités familiales et commerciales ralentissent. À l’inverse, les périodes de récolte rendent la visite des vergers plus vivante, sans pour autant garantir davantage de bateaux sur le marché. Pour photographier la rivière, privilégiez les premières minutes après le lever du soleil et placez-vous de manière à conserver le clocher ou les maisons riveraines dans le cadre. La scène sera plus fidèle à Cai Be qu’un gros plan isolé sur un bateau touristique.
Comment aller à Cai Be ?
Cai Be se trouve à environ 110 km au sud-ouest de Saigon. Selon le moyen de transport, le lieu de départ et la circulation, le trajet demande généralement entre 1 h et 3 h. Pour embarquer entre 5 h 30 et 6 h 30, privilégiez une voiture privée avec chauffeur ou passez la nuit précédente à Cai Be. Les horaires doivent toujours être confirmés avec le batelier, car l’activité sur la rivière varie selon les jours et les saisons.
En voiture privée avec chauffeur
Depuis Saigon, comptez environ 2 h 30 à 3 h de route, et parfois davantage lorsque la circulation est dense. Pour une navigation au lever du jour, un départ vers 3 h est généralement nécessaire.
Depuis My Tho, Cai Be se rejoint en 1 h à 1 h 30 selon le point de départ. Depuis Can Tho, prévoyez environ 1 h 15 à 1 h 45 en voiture privée. Cette formule est particulièrement pratique pour intégrer Cai Be à un itinéraire reliant Saigon, My Tho, Vinh Long et Can Tho.
Le chauffeur peut vous déposer à un embarcadère et vous retrouver à un autre après la navigation, mais ce dispositif doit être convenu avant le départ avec le prestataire.
En bus ou en minivan
Des bus et minivans relient quotidiennement Saigon au district de Cai Be. Le départ s’effectue notamment depuis la gare routière de Mien Tay, mais les horaires et points d’embarquement diffèrent selon les compagnies. Le trajet dure généralement entre 2 h 15 et 3 h 15.
Vérifiez surtout le point de dépose. Certains véhicules s’arrêtent sur la route nationale ou dans une commune voisine, et non devant l’embarcadère. Il faut alors poursuivre en taxi ou en moto-taxi. Pour une visite matinale sans stress, arrivez à Cai Be la veille.
En voiture personnelle ou à moto
Le trajet suit les grands axes du delta avant de rejoindre les routes locales de Cai Be. Cette solution offre davantage de liberté, mais elle convient surtout aux voyageurs habitués à conduire au Vietnam.
Évitez de circuler de nuit si vous connaissez mal la région. La circulation est dense à la sortie de Saigon et certaines routes secondaires sont peu éclairées. Avant de partir, enregistrez l’emplacement exact du quai et vérifiez qu’un stationnement sécurisé est disponible à proximité.
En bateau depuis Vinh Long
Il n’existe pas de liaison publique régulière suffisamment fiable pour présenter le bateau comme un moyen de transport classique entre Vinh Long et Cai Be. Une traversée reste néanmoins possible dans le cadre d’une excursion privée organisée à l’avance.
Le parcours peut alors traverser les bras de la rivière Tien, les îles-jardins et les petits canaux avant d’atteindre Cai Be. Confirmez par écrit la durée, les arrêts, le lieu de débarquement, la place disponible pour les bagages et le transfert prévu à l’arrivée. Pour un déplacement indépendant, la route reste généralement plus simple et plus prévisible.
Que voir autour du marché flottant de Cai Be ?
Une demi-journée bien construite associe la rivière à deux ou trois visites terrestres. Les distances sont courtes à vol d’oiseau, mais le rythme des bacs, des canaux et des petites routes impose de ne pas surcharger le programme. L’église et le front de rivière se découvrent au début de la navigation, Tan Phong demande au moins une heure et demie, tandis que Dong Hoa Hiep mérite une visite séparée si vous appréciez l’architecture.
L’église de Cai Be et son clocher de 52 mètres
Construite entre 1929 et 1932, l’église de Cai Be constitue le repère le plus visible du bourg. Son clocher de style roman mesure environ 52 mètres et abrite cinq cloches réalisées en France par la fonderie Paccard en 1931. Leur poids total dépasse 4,5 tonnes et la plus grande possède un diamètre d’environ 1,35 mètre. Au sommet, une statue en terre cuite de la Vierge domine le confluent.

La vue la plus harmonieuse se découvre depuis le bateau, lorsque le clocher apparaît au-dessus des maisons et des palmiers. Si l’église est ouverte, une courte halte permet d’observer le plan en croix, la hauteur de la nef et la fraîcheur du bâtiment. Il s’agit toujours d’un lieu de culte actif : évitez les visites pendant un office, couvrez les épaules et gardez une voix discrète.
L’île de Tan Phong, entre vergers et petits canaux

Dans les petits canaux de Cai Be, le sampan reste le moyen le plus doux d’observer la vie riveraine.
Tan Phong se découvre à pied, à vélo ou en sampan. Après la traversée de la rivière Tien, le paysage change rapidement : les moteurs s’éloignent, les chemins deviennent étroits et les canaux passent entre des jardins familiaux. Une boucle de 5 à 8 km à vélo suffit pour observer les maisons, les petits ponts, les écoles et les cultures sans transformer la visite en randonnée sportive.

Ramboutans, agrumes et mangues se dégustent selon les récoltes dans les vergers familiaux de Tan Phong.
Ramboutans, longanes, durians, mangues et pomelos mûrissent à des périodes différentes. La dégustation dépend donc de la saison et non d’un menu fixe. Demandez quels fruits proviennent réellement du jardin, goûtez une petite quantité avant d’acheter et prévoyez de l’eau. Un passage en sampan dure généralement 20 à 30 minutes et complète bien le vélo, surtout lorsque la chaleur augmente.
Préférez une visite qui rémunère clairement la famille accueillante et évitez les circuits imposant une succession d’achats. Une halte bien menée peut inclure une dégustation, une explication sur les récoltes et quelques minutes d’échange. Il n’est pas nécessaire d’assister à plusieurs démonstrations similaires dans la même matinée.
Le village ancien de Dong Hoa Hiep

Dong Hoa Hiep est l’un des villages anciens les plus remarquables du delta. Classé monument national en 2017, il conserve sept maisons âgées d’environ 150 à 220 ans et près d’une trentaine d’autres construites il y a 80 à 100 ans. Contrairement à un quartier urbain, les demeures sont dispersées au milieu des vergers de manguiers, longaniers, pomelos et sapotilliers. Ce rapport entre la maison, le jardin et le canal constitue une partie essentielle du patrimoine.

À Dong Hoa Hiep, les demeures centenaires mêlent galeries méridionales, décors d’inspiration occidentale et jardins tropicaux.
Les maisons Ba Duc et Ba Kiet sont parmi les plus connues. Ba Duc occupe un domaine de plus de deux hectares et associe une façade d’inspiration occidentale à un intérieur méridional organisé autour de colonnes et de boiseries. Dans les autres demeures, observez les charpentes en bois, les panneaux sculptés, les incrustations de nacre, les autels familiaux et les cours ventilées conçues pour le climat du delta.
Prévoyez de 45 minutes à 1 h 30 selon le nombre de maisons ouvertes. Certaines demeures sont encore habitées et les horaires peuvent varier : demandez l’autorisation avant d’entrer dans une pièce ou de photographier les espaces privés. Depuis 2011, des projets menés avec la coopération japonaise ont accompagné la conservation du village et le développement d’un tourisme rural plus respectueux.
Les ateliers de riz et de noix de coco
Autour de Cai Be, certaines familles fabriquent encore galettes de riz, bonbons à la noix de coco, riz soufflé, gâteaux gonflés ou alcool de riz. Une démonstration intéressante ne se limite pas au produit fini : elle montre la préparation de la farine, la température du feu, le séchage et l’emballage. Le riz soufflé, par exemple, demande un chauffage très vif avant d’être mélangé à un sirop et découpé.

Dans les ateliers familiaux de Cai Be, la pâte de riz est cuite à la vapeur puis déposée sur des claies pour le séchage.
Ces activités complètent les revenus agricoles et permettent de valoriser des ingrédients disponibles localement. Choisissez un programme qui laisse du temps à l’échange, plutôt qu’une simple halte dans une boutique. Il est correct de goûter sans acheter systématiquement, mais une petite contribution ou l’achat d’un produit bien emballé est apprécié lorsque la démonstration est faite spécialement pour votre groupe.
Pour découvrir Cai Be sans réduire l’étape à une courte promenade en bateau, Horizon Vietnam Travel l’intègre à un parcours cohérent entre Ben Tre, l’île de Tan Phong, Sa Dec et Can Tho. Cette progression évite les allers-retours depuis Saigon et laisse du temps aux vergers, aux ateliers familiaux et aux rencontres sur les rives du Mékong.
Conseils pratiques avant d’embarquer
Une visite réussie de Cai Be dépend moins du nombre d’arrêts que de l’horaire, du choix de l’embarcation et de la clarté du programme. Confirmez ces éléments avant le départ, surtout si vous souhaitez observer les quelques échanges qui subsistent encore sur la rivière.
Confirmer l’heure, le quai et le parcours
Demandez la veille le nom exact de l’embarcadère, un numéro de téléphone joignable et l’heure réelle de départ du bateau. Pour profiter de la lumière douce et d’une éventuelle activité commerciale, embarquez idéalement entre 5 h 30 et 6 h 30. Faites préciser si la sortie comprend uniquement la rivière principale ou également un petit sampan, l’île de Tan Phong, un verger, un atelier et le lieu de débarquement final.
Choisir un bateau adapté au groupe
Un bateau privé de taille raisonnable permet de ralentir, de changer de rive et de débarquer sans dépendre d’un grand groupe. Vérifiez la présence de gilets de sauvetage en bon état pour chaque passager, d’un toit contre le soleil et d’un accès suffisamment stable. Les petits sampans sont agréables dans les canaux, mais leur assise basse et leurs marches étroites peuvent gêner les personnes ayant des difficultés de mobilité.
Préparer une tenue adaptée à la rivière
Portez des vêtements légers, des chaussures fermées ou des sandales qui tiennent au pied, ainsi qu’un chapeau. Une protection solaire devient utile dès le début de matinée. Placez téléphone, papiers et appareil photo dans une pochette étanche : les éclaboussures sont fréquentes lors du croisement d’un bateau rapide. De mai à novembre, ajoutez un imperméable fin, car une averse peut arriver brusquement.
Prévoir de l’eau, des espèces et un petit sac
Emportez une gourde, quelques mouchoirs et seulement l’essentiel. Gardez des billets de faible valeur pour les boissons, les fruits, les dégustations ou un achat dans un atelier familial, car le paiement par carte reste rare hors du bourg. Évitez les gros bagages à bord : ils encombrent les passages et compliquent les transferts entre le bateau à moteur, le sampan et les quais.
Anticiper la visite avec des enfants ou des personnes âgées
Pour une famille, privilégiez une sortie de trois à quatre heures avec peu de changements d’embarcation et une pause à l’ombre sur Tan Phong. Gardez les jeunes enfants assis pendant les manœuvres et faites-leur porter le gilet durant toute la navigation. Pour une personne âgée, demandez une photo du quai ou renseignez-vous sur la hauteur des marches, la présence d’une rampe et la distance à marcher dans les vergers.
À vérifier avant de partir
Heure et quai confirmés, gilets disponibles, arrêts clairement annoncés, météo vérifiée, espèces préparées et lieu de débarquement convenu avec le chauffeur.
FAQ
Questions fréquentes sur le marché flottant de Cai Be
Le marché flottant de Cai Be existe-t-il encore ?
Oui, mais son activité commerciale est devenue très faible et irrégulière. Quelques bateaux peuvent être visibles tôt le matin. La visite prend davantage de sens lorsqu’elle est combinée avec Tan Phong, les vergers et le village ancien de Dong Hoa Hiep.
Quelle est la meilleure heure pour visiter Cai Be ?
Visez un embarquement entre 5 h 30 et 6 h 30. Après 8 h, les chances d’observer des échanges commerciaux diminuent nettement.
Peut-on visiter Cai Be en une journée depuis Saigon ?
Oui, mais partez vers 3 h si le marché flottant constitue votre priorité. Pour un rythme plus confortable, passez une nuit à Cai Be et poursuivez ensuite vers Can Tho.
Combien de temps faut-il prévoir sur place ?
Comptez au moins quatre heures pour la rivière et Tan Phong. Une journée entière permet d’ajouter Dong Hoa Hiep et un déjeuner local sans courir.
Cai Be convient-il aux enfants et aux personnes âgées ?
Oui, à condition de choisir un bateau stable avec gilets de sauvetage et accès convenable. Les petits sampans ont parfois des marches hautes, une assise basse et peu de points d’appui.
Faut-il choisir Cai Be ou Cai Rang ?
Choisissez Cai Rang pour un marché flottant encore actif et Cai Be pour une journée plus variée autour des vergers, des canaux, des maisons anciennes et de l’île de Tan Phong.
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