Les fêtes au Vietnam : Calendrier et traditions à connaître
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Au Vietnam, les fêtes occupent une place importante dans la vie familiale, religieuse et nationale. Elles sont l’occasion de se retrouver, d’honorer les ancêtres et de perpétuer des traditions anciennes. Beaucoup suivent encore le calendrier lunaire, ce qui explique pourquoi leur date varie d’une année à l’autre. Pour mieux comprendre ce fonctionnement, vous pouvez consulter notre article consacré aux calendriers lunaire et solaire du Vietnam.
Il faut aussi distinguer les congés annuels des jours fériés officiels. Mais le calendrier vietnamien ne se limite pas à ces journées chômées. Tout au long de l’année, de nombreuses célébrations reflètent l’histoire, les croyances et la diversité culturelle du pays. Voici les principales fêtes du Vietnam à découvrir, mois après mois.
La fête du Génie du foyer, Ông Táo (23e jour du 12e mois lunaire)
Une légende venue de trois destins mêlés
Le culte d’Ông Táo trouve son origine dans le taoïsme chinois, où trois divinités protégeaient respectivement la terre, la maison et le foyer culinaire. La tradition vietnamienne en a fait une histoire bien à elle, celle de « deux hommes et une femme » : Trọng Cao et son épouse Thị Nhi, séparés après une dispute, puis Thị Nhi retrouvant un nouveau mari, Phạm Lang. Le hasard réunit un jour les trois protagonistes. Par loyauté et par amour, ils choisissent de mourir ensemble plutôt que de se déchirer, et l’Empereur de Jade, touché par leur fidélité, les élève au rang de génies du foyer, unis pour l’éternité.
Un rapport céleste qui décide du sort de la famille

Chaque année, le 23e jour du dernier mois lunaire, donc fin janvier ou début février du calendrier solaire, Ông Táo quitte le foyer pour rejoindre les cieux et rendre compte à l’Empereur de Jade de la conduite de la famille pendant l’année écoulée. Ce rapport influerait directement sur la prospérité et la chance du foyer pour l’année à venir, ce qui pousserait chacun à se tenir sur ses gardes en fin d’année.

Selon la légende, les génies voyagent jusqu’au ciel montés sur une carpe. Les familles achètent donc des carpes vivantes qu’elles présentent près de l’autel des ancêtres avant de les relâcher dans une rivière ou un lac proche. Ce rituel reste massivement observé aujourd’hui, y compris dans les grandes villes, où l’on voit chaque année des habitants converger vers les berges du fleuve Rouge ou du lac de l’Ouest à Hanoï.
Tết Nguyên Đán, le Nouvel An lunaire
La fête la plus importante du pays
Rien n’égale le Tết dans le calendrier vietnamien. Célébré tout au long du premier mois lunaire mais concentré sur les tout premiers jours, il donne lieu à des retrouvailles familiales quasi obligatoires. Les Vietnamiens installés loin de leur ville natale, y compris à l’étranger, organisent souvent leur année entière autour de ce retour au pays.
Trois arbres, trois symboles régionaux

Comme le sapin de Noël en Europe, le Vietnam a ses arbres de fête, trois en réalité, dont le choix varie selon la région et le climat. Dans le Nord, où l’hiver reste frisquet, on privilégie la branche de pêcher (đào), dont les fleurs roses seraient capables d’éloigner les mauvais esprits, ainsi que le kumquat, dont les fruits dorés annoncent une récolte abondante. Dans le Sud et le Centre, plus chauds, c’est plutôt la branche d’abricotier (hoa mai) qui domine, avec ses pétales jaune vif symbolisant la richesse et l’honneur. Le Centre du pays, carrefour culturel entre les deux régions, voit parfois cohabiter les deux traditions dans un même salon.
Ce qui change (et ne change pas) d’une région à l’autre

Banh Chung est le symbole du Têt vietnamien
Sur la table aussi, le Nord et le Sud divergent : impossible d’imaginer un Tết sans bánh chưng au Nord, ce gâteau carré de riz gluant enveloppé de feuille de dong, tandis que le Sud lui préfère sa version cylindrique, le bánh tét. Dans les deux cas, le plateau des cinq fruits (mâm ngũ quả), disposé sur l’autel familial, reste une constante. Sa composition varie selon les régions, mais son message reste identique : un vœu de suffisance, d’abondance et de sérénité pour l’année à venir.
Le Tết est parfois assimilé, à tort, au Nouvel An chinois. S’il coïncide souvent avec la même date, celle de la nouvelle lune la plus proche du début du printemps, il s’agit bien d’une fête vietnamienne à part entière, avec ses propres rituels, superstitions et plats.
>> En savoir plus: Dix plats à ne pas manquer sur la table du Têt.
Tết Nguyên Tiêu, la fête des lanternes (15e jour du 1er mois lunaire)
Quinze jours après le Tết, à la toute première pleine lune de l’année lunaire, les Vietnamiens se rendent en nombre dans les pagodes pour Tết Nguyên Tiêu, ce qui signifie littéralement « la première nuit de pleine lune ». Dans les croyances d’Asie de l’Est, la pleine lune symbolise la complétude et le renouveau, un moment jugé propice à la prière, à la purification et aux premiers vœux de l’année.
La journée reste marquée par le recueillement (encens, offrandes de fruits, prières pour la santé et la prospérité de la famille), mais la soirée prend une tournure plus légère : rues et pagodes se parent de lanternes multicolores, et les habitants aiment s’y promener une fois la nuit tombée. Cette tradition atteint une intensité particulière à Hội An, ville où les lanternes de soie font déjà partie du décor toute l’année et où la fête prend des allures de spectacle à ciel ouvert.

Défilé traditionnel pour Tết Nguyên Tiêu dans le quartier de Chợ Lớn, à Hô-Chi-Minh-Ville
Giỗ Tổ Hùng Vương, la fête des Rois Hùng (10e jour du 3e mois lunaire)
Le dixième jour du troisième mois lunaire, le Vietnam entier commémore les Rois Hùng, fondateurs légendaires de la nation vietnamienne selon la mythologie nationale. Officiellement inscrite parmi les jours fériés depuis 2007, cette journée donne lieu à des cérémonies au temple des Rois Hùng, sur le mont Nghĩa Lĩnh dans la province de Phú Thọ, dans le Nord du Vietnam, où affluent chaque année des dizaines de milliers de pèlerins venus honorer leurs ancêtres communs. Un adage vietnamien rappelle d’ailleurs : « Dù ai đi ngược về xuôi, nhớ ngày Giỗ Tổ mùng mười tháng ba », que l’on pourrait traduire par « où que l’on aille, souvenons-nous du jour anniversaire des ancêtres, le dixième jour du troisième mois ».

La procession annuelle au temple des Rois Hùng, dans la province de Phú Thọ
Tết Hàn Thực, la fête des mets froids
Le troisième jour du troisième mois lunaire, certaines familles vietnamiennes, la tradition reste surtout vivace dans le Nord, perpétuent le Tết Hàn Thực, la fête des aliments froids. Toute la maisonnée se retrouve pour confectionner ensemble deux douceurs à base de farine de riz gluant : les bánh trôi, petites boules fourrées d’un morceau de sucre qui flottent en surface une fois cuites (d’où leur nom, littéralement « gâteaux qui flottent »), et les bánh chay, plus généreux, garnis d’une pâte de haricots mungo sucrée.
Une fois prêts, ces gâteaux sont présentés sur l’autel familial, accompagnés d’un bâton d’encens en offrande aux ancêtres, avant d’être partagés en famille, traditionnellement saupoudrés de noix de coco râpée et de sésame grillé. Nous racontons plus en détail l’origine de cette tradition et ses variantes régionales dans notre guide du Tết Hàn Thực.

Bánh trôi et bánh chay, les douceurs traditionnelles du Tết Hàn Thực
30 avril et 1er mai : Réunification et Fête du travail
Ces deux jours fériés consécutifs, calés sur le calendrier solaire, ponctuent le printemps vietnamien. Le 30 avril commémore la chute de Saïgon en 1975 et la réunification du pays après des décennies de guerre. Le 1er mai suit immédiatement avec la Fête internationale du travail. Ensemble, ils forment souvent un pont de plusieurs jours très prisé des voyageurs domestiques, qui en profitent pour visiter leur propre pays. C’est un point à anticiper si votre voyage tombe à cette période, les sites touristiques et transports intérieurs étant alors particulièrement fréquentés.

L’Hôtel de Ville de Hô-Chi-Minh-Ville illuminé pour les célébrations du 30 avril
Tết Đoan Ngọ, la fête pour « tuer les vers »
Le cinquième jour du cinquième mois lunaire, généralement en juin, marque l’entrée dans la période la plus chaude de l’année. Dans la croyance populaire, c’est le moment où parasites et maladies prolifèrent le plus facilement, aussi bien dans le corps humain que dans les cultures. D’où son surnom familier de « fête pour tuer les vers » (Tết giết sâu bọ). Le nom savant, Đoan Ngọ, renvoie lui à l’heure Ngọ (11h-13h), moment où l’énergie vitale serait la plus forte de la journée.
Tôt le matin, avant même le petit-déjeuner, on consomme du rượu nếp (riz gluant fermenté) et des fruits acidulés, censés éliminer les parasites internes tant qu’ils sont encore affaiblis par le jeûne nocturne. Certaines familles perpétuent aussi la coutume de teindre les ongles des mains et des pieds avec des plantes tinctoriales proches du henné, un geste à la fois protecteur et esthétique, hérité d’anciennes pratiques médicinales populaires.

Litchis, rượu nếp et fruits de saison, offrandes traditionnelles de Tết Đoan Ngọ
Vu Lan et Trung Nguyên, la fête des âmes errantes
Le quinzième jour du septième mois lunaire, souvent situé entre juin et août, réunit deux célébrations intimement liées mais distinctes : Vu Lan, fête bouddhique de la piété filiale, et Trung Nguyên, jour où l’on honore les âmes errantes, celles qui n’ont plus de famille pour prier pour elles et qui, selon la croyance, sont temporairement libérées des enfers ce jour-là.
Bông hồng cài áo, la rose à la boutonnière
Parmi les traditions les plus touchantes de Vu Lan figure Bông hồng cài áo, la rose portée sur la poitrine en hommage à sa mère. Popularisée au Vietnam par le moine Thích Nhất Hạnh dans les années 1960, cette coutume est aujourd’hui étroitement associée à la fête.
Lors de Vu Lan, les personnes dont la mère est encore en vie portent généralement une rose rouge, symbole de gratitude et d’affection. La rose blanche, elle, est portée en mémoire d’une mère disparue. Au fil du temps, ce geste simple est devenu l’un des symboles les plus forts de Vu Lan, entre amour filial, souvenir et respect des parents.

Lanternes en forme de lotus lors d’une cérémonie de Vu Lan
Tết Trung Thu, la fête de la mi-automne
Le quinzième jour du huitième mois lunaire, quand la pleine lune est jugée la plus ronde et la plus lumineuse de l’année, le Vietnam célèbre Trung Thu, aussi appelé Tết Đoàn Viên, la fête de la réunion. Ses origines remontent à d’anciens rites agraires célébrant les récoltes sous la pleine lune d’automne, bien avant de devenir, comme aujourd’hui, la fête préférée des enfants.
Chị Hằng, chú Cuội et le lapin de jade
Deux légendes accompagnent traditionnellement cette soirée. Celle de Chị Hằng, l’équivalent vietnamien de la déesse chinoise Hằng Nga, figure de beauté et de fidélité exilée sur la lune. Et celle, bien plus locale, de chú Cuội : ce bûcheron aurait par mégarde laissé son épouse arroser d’une eau impure l’arbre magique qu’il gardait précieusement. Déraciné, l’arbre se serait envolé vers le ciel en entraînant Cuội cramponné à ses branches jusque sur la lune, où l’on prétend encore apercevoir sa silhouette certains soirs clairs.
Gâteaux de lune et défilés de lanternes
Symbole d’unité familiale, la fête donne lieu, dès plusieurs semaines à l’avance, à l’apparition d’échoppes vendant les incontournables gâteaux de lune (banh trung thu), dans des versions aussi variées que graine de lotus, durian, haricots rouges ou pâte de dattes. On peut d’ailleurs les déguster dès plusieurs semaines avant le jour officiel, un peu à la manière de nos galettes des rois.
Le soir de la pleine lune, les enfants défilent dans les rues avec lanternes en forme d’étoile, masques et têtes de lion, au son des tambourins. De retour à la maison, plateaux de fruits de saison et récits des légendes de Chị Hằng et de chú Cuội, racontés par les grands-parents sous le clair de lune, clôturent la soirée en douceur.

Chị Hằng et le lapin de jade, personnages légendaires de Tết Trung Thu
Quốc Khánh, la Fête nationale (2 septembre)
Le 2 septembre commémore la déclaration d’indépendance du Vietnam vis-à-vis de la domination coloniale française, proclamée par Hồ Chí Minh place Ba Đình à Hanoï en 1945. La journée s’ouvre par une cérémonie de lever du drapeau devant les monuments et bâtiments officiels, suivie dans les grandes villes, Hanoï en tête, de défilés, d’animations culturelles et, à la tombée de la nuit, de feux d’artifice visibles depuis les toits et les berges du fleuve.
Au-delà du protocole, cette fête reste avant tout un moment de fierté partagée, où se mêlent musique, danse traditionnelle et grands rassemblements populaires dans tout le pays, aussi bien à Hanoï qu’à Hô-Chi-Minh-Ville, comme le montre notre tour d’horizon de la Fête nationale du Vietnam.

Défilé du 2 septembre place Ba Đình, devant le mausolée de Hồ Chí Minh à Hanoï
La nouvelle Journée de la culture vietnamienne (24 novembre)
Nouveauté du calendrier 2026 : le 24 novembre a été instauré jour férié à part entière par une résolution du Politburo (résolution 80-NQ/TW), avant d’être entériné par l’Assemblée nationale. L’objectif affiché est de mettre en valeur le patrimoine culturel vietnamien sous toutes ses formes : musique traditionnelle, artisanat, langue, gastronomie. Cette douzième journée fériée officielle, la première ajoutée au calendrier depuis plusieurs années, illustre l’attention croissante portée par le pays à la transmission de ses traditions, celles-là mêmes qui rythment cet article.

Illustration célébrant la nouvelle Journée de la culture vietnamienne du 24 novembre
Calendrier des fêtes vietnamiennes en un coup d’œil
| Fête | Date (calendrier lunaire, sauf mention) | Nature |
|---|---|---|
| Ông Táo | 23e jour du 12e mois | Croyance populaire |
| Tết Nguyên Đán | 1er mois | Jour férié (5 jours) |
| Tết Nguyên Tiêu | 15e jour du 1er mois | Religieuse |
| Giỗ Tổ Hùng Vương | 10e jour du 3e mois | Jour férié |
| Tết Hàn Thực | 3e jour du 3e mois | Traditionnelle (régionale) |
| Réunification / Fête du travail | 30 avril / 1er mai (solaire) | Jours fériés |
| Tết Đoan Ngọ | 5e jour du 5e mois | Traditionnelle |
| Vu Lan / Trung Nguyên | 15e jour du 7e mois | Religieuse |
| Tết Trung Thu | 15e jour du 8e mois | Traditionnelle |
| Quốc Khánh | 2 septembre (solaire) | Jour férié |
| Ngày Văn hóa Việt Nam | 24 novembre (solaire) | Jour férié (nouveau, 2026) |
Questions fréquentes sur les fêtes au Vietnam
Combien de jours fériés compte le Vietnam ?
Le Vietnam compte 12 jours fériés officiels depuis 2026, contre 11 auparavant, avec l’ajout de la Journée de la culture vietnamienne le 24 novembre. Ce chiffre est distinct des 12 jours de congés payés annuels auxquels chaque salarié a droit par ailleurs.
Quelle est la période la plus animée pour assister à une fête vietnamienne ?
Le Tết (janvier ou février) reste de loin la période la plus intense, mais aussi la plus fermée aux visiteurs côté commerces et transports. Pour observer une fête tout en gardant une ville pleinement fonctionnelle, la fête de la mi-automne (Trung Thu, septembre ou octobre) ou celle des lanternes (Nguyên Tiêu, février ou mars) offrent un bon compromis.
Peut-on assister à ces fêtes en tant que voyageur étranger ?
Oui, la plupart de ces célébrations se déroulent en partie dans l’espace public (pagodes, rues, marchés) et les visiteurs y sont bienvenus, à condition de rester respectueux des lieux de culte et des familles en plein rituel.
Envie d’assister à l’une de ces fêtes sur place ?
Nos équipes locales peuvent construire un voyage sur-mesure calé sur le calendrier des fêtes vietnamiennes, pour vivre ces moments au plus près des habitants.
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