Maison ancienne Phung Hung à Hoi An : la demeure aux 80 colonnes
Résumé du contenu
Juste après le pont japonais, au numéro 4 d’une ruelle de Hoi An, se dresse l’une des demeures les plus émouvantes de la vieille ville : la maison ancienne Phung Hung. Bâtie en 1780, à l’apogée du port marchand, elle est habitée par la même famille depuis huit générations. Quatre-vingts colonnes de bois de fer, un toit « des quatre mers » d’inspiration japonaise, des yeux de porte protecteurs et une trappe anti-crue : ici, chaque détail raconte le Hoi An des marchands d’autrefois. Voici notre guide pour la visiter.
Informations générales sur l’ancienne maison Phung Hung
💡 L’essentiel en bref
- Emplacement : 4 rue Nguyen Thi Minh Khai, vieux Hoi An (Quang Nam), juste à côté du pont japonais.
- Histoire : bâtie en 1780, soit plus de 240 ans d’histoire, habitée par la 8ᵉ génération.
- Architecture : mélange de trois cultures – Vietnam (poutres et solives), Japon (toit « des quatre mers »), Chine (persiennes et tuiles yin-yang).
- Sens du nom : « Phung Hung » exprime le vœu de prospérité et de réussite en affaires.
Emplacement. La maison Phung Hung se trouve au 4 rue Nguyen Thi Minh Khai, dans la vieille ville de Hoi An (province de Quang Nam), juste à côté du célèbre pont japonais (Chua Cau) : on traverse le pont et, une maison plus loin, on y est. C’était autrefois l’un des emplacements les plus prisés du port de commerce, où se croisaient marchands vietnamiens et étrangers.

Classée monument historique national, la maison accueille les visiteurs dès le seuil
Horaires d’ouverture. La maison se visite tous les jours, généralement du matin à la fin de l’après-midi.
Tarif d’entrée. L’accès se fait avec le billet patrimonial du vieux quartier de Hoi An (environ 120 000 VND pour les visiteurs étrangers), qui donne droit à la visite d’une sélection de monuments, dont la maison Phung Hung. Tarif indicatif, à confirmer sur place.
Comment se rendre. La maison est en pleine zone piétonne : on y accède à pied, à vélo ou en cyclo-pousse depuis n’importe quel point du vieux Hoi An. Depuis Da Nang (environ 35 km), comptez une cinquantaine de minutes de route.
Histoire de l’ancienne maison Phung Hung, plus de 240 ans
La maison Phung Hung a été édifiée en 1780, alors que Hoi An vivait son âge d’or de port de commerce. Son fondateur, un marchand vietnamien prospère, en fit un comptoir pour le négoce au long cours : cannelle, poivre, sel, soie, porcelaine et verrerie y transitaient. Il lui donna le nom de son enseigne, « Phung Hung », qui signifie « prospérité », dans l’espoir d’une réussite durable en affaires.

Au rez-de-chaussée, l’ancienne boutique abrite aujourd’hui mobilier précieux et objets d’autrefois
Près de deux siècles et demi plus tard, la demeure est toujours habitée par les descendants de la huitième génération, qui la préservent avec soin et y tiennent un petit atelier de broderie. Ce sont souvent eux qui font office de guides, racontant avec fierté l’histoire de la maison. Classée monument historique et culturel national le 29 juin 1993, Phung Hung a traversé bien des épreuves : lors de la crue historique de 1964, quand l’eau monta jusqu’à 2,5 m et noya le plancher de l’étage, la maison servit de refuge à quelque 160 personnes durant trois jours et trois nuits. Une solidité qui force le respect.
Une architecture singulière, fruit de trois cultures
Sur deux niveaux et deux corps de bâtiment reliés, la maison Phung Hung illustre à merveille le métissage qui a fait la richesse de Hoi An : on y lit, harmonieusement mêlées, les influences vietnamienne, japonaise et chinoise. Le bois de fer (lim) et d’autres essences précieuses lui ont donné cette teinte brune chaleureuse, presque intacte après deux siècles. Les sculptures qui ornent colonnes et cloisons sont l’œuvre des maîtres-charpentiers du village de Kim Bong, tout proche.

Les sculptures sur bois, œuvres des maîtres du village de Kim Bong, ornent colonnes et cloisons
La façade et la maison-tube
De la rue, la maison déploie une large façade en « maison-tube », signe du désir de prospérité de son bâtisseur et plan idéal pour le commerce d’autrefois : boutique sur le devant, logis vers l’arrière. Au-dessus de la porte principale veillent deux yeux de porte (mat cua), à la fois ornement et talisman protecteur censé éloigner les mauvais esprits, un trait typiquement hoianais. Les balcons, fenêtres et battants de porte, eux, trahissent nettement le goût chinois.
Le cœur de la maison : le toit « des quatre mers » et les 80 colonnes
C’est en levant les yeux que l’on saisit la prouesse : la grande toiture de la travée centrale adopte le style Tu Hai (« les quatre mers »), un toit à quatre pans hérité de l’architecture japonaise de l’époque d’Edo, qui ménage des ouvertures pour la lumière et l’air. L’ossature, elle, repose sur quatre-vingts colonnes en bois de lim, chacune posée sur un socle de pierre qui empêche l’humidité de monter et préserve le bois des termites. À l’étage, une galerie de bois fait le tour de l’espace, baigné de lumière par un vide central.

À l’étage, une galerie de bois fait le tour de l’espace, portée par 80 colonnes de lim
Détails et symboles à ne pas manquer
Entre les deux pièces principales, une porte intérieure est surmontée d’un panneau laqué portant quatre caractères, « The Duc Luu Quang » (« la vertu des ancêtres rayonne à travers les générations »), encadré de sentences parallèles anciennes. Sur les tuiles et les boiseries court le motif de la carpe, symbole de chance et de prospérité commun aux cultures vietnamienne, japonaise et chinoise. Mais le détail le plus surprenant se trouve au sol : une trappe carrée (cua sap) percée dans le plancher de l’étage permettait, lors des crues, de hisser rapidement les marchandises à l’abri, un ingénieux système qui a encore sauvé bien des biens lors des inondations de 1999.

Le panneau « The Duc Luu Quang » rappelle la vertu des ancêtres qui rayonne à travers les générations

Une trappe carrée dans le plancher permettait de hisser les marchandises à l’abri lors des crues
Les autels et les antiquités
À l’étage se trouvent l’autel des ancêtres et celui de Thien Hau, la déesse de la mer protectrice des marins et des marchands. Devant les autels, une coutume familiale perdure : sept dés de marbre placés dans une coupe, que l’on jetait autrefois pour choisir le jour propice au départ d’un voyage. Le rez-de-chaussée, ancienne boutique, abrite aujourd’hui un mobilier en bois précieux et une collection d’objets anciens et de céramiques, témoins de la vie marchande d’antan.

À l’étage, l’autel des ancêtres voisine celui de Thien Hau, déesse protectrice des marins
Que voir autour de l’ancienne maison Phung Hung?
La visite de Phung Hung se prolonge au fil d’une flânerie dans le vieux Hoi An, dont les merveilles se concentrent à quelques pas :
- Le pont japonais (Chua Cau) : voisin immédiat de la maison, ce pont-pagode couvert du XVIIe siècle est l’emblème absolu de la ville et figure même sur les billets de banque vietnamiens.

Discrète derrière sa façade de bois de la rue Nguyen Thai Hoc, la maison Tan Ky dissimule plus de deux siècles d’histoire.
- La maison ancienne Tan Ky : autre demeure marchande de plus de deux siècles, célèbre pour son assemblage sans clou et son « bol de Confucius ».
- Le temple de l’assemblée du Fujian (Hoi quan Phuc Kien) et le temple cantonais (Hoi quan Quang Dong) : les plus somptueux des sanctuaires communautaires chinois de Hoi An.
- La rivière Hoai et la rue des lanternes : magiques à la tombée de la nuit, quand les lampions s’allument et que l’on dépose des bougies sur l’eau.
- Une balade en barque sur la Thu Bon : pour admirer la vieille ville depuis l’eau, au coucher du soleil.
Conseils pratiques pour votre visite
- Venez tôt le matin ou en fin d’après-midi : la maison est petite et l’affluence y est forte en journée.
- Respectez les lieux : une famille y vit toujours ; parlez doucement et ne pénétrez pas dans les espaces privés.
- Gardez votre billet du vieux quartier : il donne accès à plusieurs autres maisons et temples.
- Prenez un guide (ou écoutez les propriétaires) : sans explication, on passe à côté du sens des symboles, des dés de marbre au panneau « The Duc Luu Quang ».
- Photographie autorisée, mais avec discrétion, surtout près des autels.
- Combinez la visite avec le pont japonais et la maison Tan Ky, à deux pas, pour une belle immersion dans le Hoi An marchand.
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Questions fréquentes sur la maison Phung Hung
Quand la maison Phung Hung a-t-elle été construite ?
En 1780, soit il y a plus de 240 ans, par un marchand vietnamien. Elle est aujourd’hui habitée par la huitième génération de la famille.
Où se trouve-t-elle et quels sont les horaires ?
Au 4 rue Nguyen Thi Minh Khai, juste à côté du pont japonais, dans le vieux Hoi An. Elle se visite tous les jours, du matin à la fin d’après-midi.
Combien coûte la visite ?
Avec le billet patrimonial du vieux quartier (environ 120 000 VND pour les étrangers), qui donne accès à plusieurs sites dont Phung Hung. Tarif indicatif, à confirmer sur place.
Pourquoi cette maison est-elle célèbre ?
Pour son architecture mêlant les styles vietnamien, japonais et chinois, ses 80 colonnes de bois de fer, son toit « des quatre mers » et son statut de monument historique national.
Qu’est-ce que le toit « Tu Hai » ?
Un toit à quatre pans d’inspiration japonaise (« les quatre mers »), qui coiffe la travée centrale et favorise la lumière et la ventilation.
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