Les ethnies minoritaires au Vietnam
Résumé du contenu
Le Vietnam est un pays profondément multiethnique. Derrière l’image familière de l’ethnie Kinh, majoritaire, le pays reconnaît officiellement 54 ethnies, dont 53 communautés minoritaires réparties des montagnes du Nord aux Hauts Plateaux du Centre, du littoral cham aux pagodes khmères du delta du Mekong. Ces ethnies minoritaires au Vietnam ne forment pas un bloc uniforme. Chacune possède sa langue, ses formes d’habitat, ses costumes, ses rites, ses marchés, ses savoir-faire et sa manière d’habiter le territoire. Certaines communautés comptent plus d’un million de personnes, comme les Tay, les Thai, les Muong, les Hmong, les Khmer ou les Nung. D’autres, comme les Pu Peo, les Brau ou les O Du, ne regroupent que quelques centaines de membres.
S’intéresser aux ethnies minoritaires, c’est mieux comprendre la diversité culturelle du Vietnam, mais aussi apprendre à voyager avec plus de retenue. Une rencontre réussie ne consiste pas à chercher une image exotique. Elle demande du temps, de la discrétion, une curiosité respectueuse et, si possible, l’accompagnement d’un guide local capable de traduire les usages, les histoires familiales et les règles de visite.
Les ethnies du Vietnam : nombre et classification

La diversité des costumes traditionnels reflète la richesse culturelle des ethnies du Vietnam.
Le Vietnam reconnaît officiellement 54 ethnies. Les Kinh constituent l’ethnie majoritaire, avec 82 085 826 personnes lors du Recensement de la population et de l’habitat de 2019, soit 85,3 % de la population nationale. Les 53 autres ethnies sont considérées comme minoritaires et regroupaient alors 14 119 256 personnes, soit environ 14,7 % de la population du pays.
Les chiffres indiqués dans les fiches ci-dessous utilisent la même base statistique, le recensement national de 2019, afin de garder des données comparables d’une ethnie à l’autre. Une nouvelle enquête officielle sur la situation socio-économique des 53 minorités ethniques a été réalisée en 2024 et publiée en juin 2026. Pour éviter de mélanger deux bases, les populations détaillées restent ici celles de 2019.
Les ethnies du Vietnam sont généralement classées selon leur appartenance linguistique. On distingue notamment les groupes Viet-Muong, Tay-Thai, Mon-Khmer, Hmong-Dao, Kadai, austronésien, tibeto-birman et Han, également appelé groupe sinitique. Cette classification linguistique ne résume pas toute l’identité d’une communauté, mais elle aide à comprendre les parentés culturelles, les migrations et les implantations régionales.
Les principales ethnies minoritaires du Vietnam
1. Les Hmong des montagnes du Nord
- Nom officiel : Hmong, ou Mong dans les sources vietnamiennes.
- Sous-groupes : Hmong blancs, Hmong noirs, Hmong fleuris, Hmong rouges et Hmong verts.
- Population : 1 393 547 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Hmong-Dao.
- Régions principales : Ha Giang, Lao Cai, Son La, Dien Bien, Lai Chau, Yen Bai et Cao Bang.
- Où les rencontrer ? Sapa, Bac Ha, Mu Cang Chai, Dong Van, Meo Vac et sur la boucle de Ha Giang.
Les Hmong comptent parmi les communautés les plus emblématiques des montagnes du Nord Vietnam. Installés principalement en altitude, ils ont développé un mode de vie adapté aux reliefs escarpés, fondé notamment sur la culture du maïs, du riz en terrasse et du lin.

Les Hmong des montagnes du Nord, reconnaissables à leurs costumes indigo brodés.
Leurs costumes varient selon les sous-groupes, mais se distinguent souvent par les broderies, les tissus teints à l’indigo, les jupes plissées et les bijoux en argent. Les marchés de Bac Ha, Dong Van ou Meo Vac permettent de découvrir leur artisanat et leurs échanges locaux, à condition d’adopter une présence discrète et respectueuse.
2. Les Tay du Nord-Est
- Nom officiel : Tay.
- Autres appellations : plusieurs noms locaux existent, dont Tho, Ngan, Phen, Thu Lao, Pa Di et Tay Khao dans les nomenclatures vietnamiennes.
- Population : 1 845 492 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Tay-Thai.
- Régions principales : Cao Bang, Lang Son, Bac Kan, Thai Nguyen, Tuyen Quang et Ha Giang.
- Où les rencontrer ? Lac de Ba Be, Cao Bang, Ban Gioc, vallées de Bac Kan et villages sur pilotis du Nord-Est.
Les Tay forment la plus grande ethnie minoritaire du Vietnam. Leurs villages sont souvent installés dans des vallées fertiles, près des rizières, des rivières et des collines calcaires. Les maisons sur pilotis en bois constituent l’un des éléments les plus visibles de leur habitat traditionnel.

Les Tay, l’une des plus grandes ethnies minoritaires du Nord-Est du Vietnam.
La culture Tay est marquée par les chants populaires, les fêtes agricoles, le tissage, les savoir-faire liés au riz et une forte tradition de vie villageoise. Le printemps et l’automne offrent des conditions agréables pour découvrir le Nord-Est, tandis que les marchés locaux se tiennent toute l’année.
3. Les Nung du Nord-Est
- Nom officiel : Nung.
- Autres appellations : Nung An, Nung Chao, Nung Loi, Phan Sinh et plusieurs appellations locales selon les régions.
- Population : 1 083 298 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Tay-Thai.
- Régions principales : Lang Son, Cao Bang, Bac Giang, Thai Nguyen et Bac Kan.
- Où les rencontrer ? Lang Son, Cao Bang, routes frontalières du Nord-Est et marchés locaux.
Proches des Tay par la langue et certains usages, les Nung vivent surtout dans les provinces du Nord-Est, souvent à proximité de la frontière chinoise. L’agriculture, les vergers, l’élevage et les petits métiers artisanaux structurent encore une partie importante de la vie locale.

Les Nung du Nord-Est, connus pour leurs costumes noirs et leurs bijoux en argent.
Les Nung sont réputés pour plusieurs savoir-faire, dont la forge, la fabrication de papier traditionnel, l’encens ou certains travaux textiles. Leurs villages permettent d’observer une culture discrète, moins mise en scène que dans les grands sites touristiques, mais très présente dans les marchés, les fêtes et les relations communautaires.
4. Les Thai des vallées du Nord-Ouest
- Nom officiel : Thai.
- Sous-groupes : Thai noirs, Thai blancs et autres groupes locaux.
- Population : 1 820 950 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Tay-Thai.
- Régions principales : Son La, Dien Bien, Lai Chau, Hoa Binh, Thanh Hoa et Nghe An.
- Où les rencontrer ? Mai Chau, Pu Luong, Muong Lo, Son La et Dien Bien.
Les Thai vivent principalement dans les vallées du Nord-Ouest, où leurs maisons sur pilotis dominent les rizières et les cours d’eau. Leur culture est associée aux grands paysages de vallées, aux fêtes villageoises, au tissage du brocart et à une cuisine familiale souvent partagée dans les maisons traditionnelles.

Les Thai des vallées du Nord-Ouest, célèbres pour leurs rizières en terrasses.
La danse xoe, inscrite par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2021, est l’une des expressions les plus connues de la culture Thai. Les périodes de mai à juin et de septembre à octobre sont particulièrement belles pour admirer les rizières, notamment à Mai Chau, Pu Luong et Muong Lo.
5. Les Muong entre vallées et montagnes calcaires
- Nom officiel : Muong.
- Autres appellations : Mol, Mual et plusieurs noms locaux mentionnés dans les listes vietnamiennes.
- Population : 1 452 095 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Viet-Muong.
- Régions principales : Hoa Binh, Thanh Hoa, Phu Tho, Son La et Ninh Binh.
- Où les rencontrer ? Hoa Binh, Mai Chau, Pu Luong, villages de Thanh Hoa et zones proches de Ninh Binh.
Les Muong occupent une place particulière dans l’histoire culturelle du Vietnam, car leur langue appartient au groupe Viet-Muong, proche de la branche vietnamienne. Leurs villages sont souvent installés dans des vallées agricoles, entre montagnes calcaires, rizières et forêts.

Les Muong, entre vallées et montagnes calcaires, perpétuent la tradition des gongs.
Leur culture met en avant les maisons sur pilotis, les tambours, les récits épiques, les rites liés aux ancêtres et un artisanat textile sobre. Dans les régions de Hoa Binh, Mai Chau ou Pu Luong, les voyageurs peuvent rencontrer des familles Muong dans un cadre rural encore très lié au rythme des saisons.
6. Les Dao et leurs costumes brodés
- Nom officiel : Dao.
- Sous-groupes : Dao rouges, Dao tien, Dao quan chet, Dao thanh y et autres groupes locaux.
- Population : 891 151 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Hmong-Dao.
- Régions principales : Ha Giang, Tuyen Quang, Lao Cai, Yen Bai, Quang Ninh et Lai Chau.
- Où les rencontrer ? Sapa, Hoang Su Phi, Ha Giang, Tuyen Quang, Ba Be et villages de Yen Bai.
Les Dao sont présents dans de nombreuses provinces montagneuses du Nord. Ils se reconnaissent souvent à la richesse de leurs costumes, à leurs coiffes rouges ou indigo selon les groupes, aux broderies fines et aux bijoux qui accompagnent les grandes étapes de la vie.

Les Dao et leurs costumes brodés aux couleurs vives, un art textile transmis de génération en génération.
Leur culture est également marquée par des pratiques rituelles, des savoirs médicinaux, l’usage de plantes forestières et des bains aux herbes devenus célèbres dans certaines régions, notamment autour de Sapa. Une rencontre avec les Dao demande cependant de dépasser l’image touristique du costume pour comprendre la place de la famille, des rites et de la transmission.
7. Les Ede des Hauts Plateaux
- Nom officiel : Ede.
- Population : 398 671 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : austronésienne.
- Régions principales : Dak Lak, Phu Yen, Dak Nong et Khanh Hoa.
- Où les rencontrer ? Buon Ma Thuot, villages autour de Dak Lak, lac Lak et espaces culturels des Hauts Plateaux.
Les Ede vivent principalement dans les Hauts Plateaux du Centre, une région marquée par les forêts, les plantations de café, les anciennes routes caravanières et les villages communautaires. Leur société est souvent présentée comme matrilinéaire, avec une transmission importante par la lignée féminine.

Les Ede des Hauts Plateaux, connus pour leurs maisons longues et leur système matrilinéaire.
Les maisons longues, les gongs, les cérémonies villageoises et les récits liés aux éléphants occupent une place forte dans l’imaginaire culturel Ede. La saison sèche, d’octobre à avril, est généralement la plus favorable pour visiter Dak Lak et mieux comprendre la diversité des Hauts Plateaux.
8. Les Gia Rai autour de Gia Lai et Kon Tum
- Nom officiel : Gia Rai.
- Population : 513 930 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : austronésienne.
- Régions principales : Gia Lai, Kon Tum et Dak Lak.
- Où les rencontrer ? Pleiku, environs de Gia Lai, villages autour de Kon Tum et espaces culturels des gongs.
Les Gia Rai constituent l’un des grands peuples des Hauts Plateaux. Leur culture s’inscrit dans un univers de villages, de maisons communautaires, de rites funéraires, de traditions orales et de musique de gongs. Comme chez les Ede, l’organisation familiale accorde une place importante aux lignées féminines dans plusieurs contextes locaux.

Les Gia Rai autour de Gia Lai et Kon Tum, où résonnent encore les gongs lors des fêtes villageoises.
La découverte des Gia Rai demande souvent un accompagnement local, car les cérémonies ne sont pas des spectacles ouverts en permanence. Les voyageurs peuvent toutefois approcher cette culture à travers les villages, les musées régionaux, les maisons traditionnelles et les paysages de Gia Lai.
9. Les Mnong entre forêts, lacs et mémoire des éléphants
- Nom officiel : Mnong.
- Population : 127 334 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Mon-Khmer.
- Régions principales : Dak Nong, Dak Lak, Lam Dong et Binh Phuoc.
- Où les rencontrer ? Lac Lak, Dak Nong, villages proches de Buon Ma Thuot et zones forestières des Hauts Plateaux.
Les Mnong vivent dans des territoires de forêts, de lacs, de plateaux et de vallées. Leur histoire est souvent associée à la relation avec les éléphants, aux savoirs forestiers, aux maisons communautaires et à une culture orale riche.

Les Mnong, gardiens d’une tradition ancestrale de domestication des éléphants près du lac Lak.
Aujourd’hui, cette relation au monde forestier se transforme sous l’effet de la modernisation, de la sédentarisation et du tourisme. Une approche responsable privilégie les rencontres locales, les musées, les paysages naturels et les initiatives qui respectent le bien-être animal plutôt que les anciennes pratiques de monte d’éléphants.
10. Les Ba Na et les maisons rong
- Nom officiel : Ba Na.
- Population : 286 910 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Mon-Khmer.
- Régions principales : Gia Lai, Kon Tum, Binh Dinh et Phu Yen.
- Où les rencontrer ? Kon Tum, villages autour de Gia Lai et espaces culturels des Hauts Plateaux.
Les Ba Na sont connus pour les maisons rong, ces grandes maisons communautaires au toit très élevé qui structurent la vie sociale de nombreux villages des Hauts Plateaux. Elles servent de lieu de réunion, de mémoire collective et de symbole architectural.

La culture Ba Na est également liée aux gongs, aux fêtes agricoles, aux rites villageois et aux tissages traditionnels. Autour de Kon Tum, les voyageurs peuvent observer l’architecture des villages et mieux comprendre la place de la maison commune dans l’organisation sociale.
11. Les Xo Dang autour de Kon Tum
- Nom officiel : Xo Dang.
- Population : 212 277 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Mon-Khmer.
- Régions principales : Kon Tum, Quang Nam et Quang Ngai.
- Où les rencontrer ? Kon Tum, villages des Hauts Plateaux et zones montagneuses du Centre.
Les Xo Dang vivent dans des régions montagneuses où les villages, les cultures agricoles et les forêts ont longtemps structuré la vie quotidienne. Leur culture se rattache à l’ensemble des peuples des Hauts Plateaux, avec une forte présence des gongs, des maisons communautaires et des rites liés au village.

Comme pour les Ba Na, la saison sèche facilite les déplacements et les visites. Les rencontres les plus intéressantes se construisent avec patience, en évitant de réduire les communautés à quelques objets visibles. Les maisons, les chants, les champs et les gestes ordinaires disent souvent autant que les cérémonies.
12. Les Cham du Centre et du Sud

Les Cham du Centre et du Sud, héritiers du royaume du Champa et de ses tours sacrées.
- Nom officiel : Cham.
- Population : 178 948 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : austronésienne.
- Régions principales : Ninh Thuan, Binh Thuan, An Giang et certaines régions du Centre-Sud.
- Où les rencontrer ? Tours cham de Ninh Thuan et Binh Thuan, villages de tissage, communautés musulmanes autour d’An Giang.
Les Cham portent l’héritage de l’ancien royaume du Champa, dont les tours de briques rouges marquent encore le paysage du Centre Vietnam. Leur culture réunit des traditions hindoues, musulmanes et locales, avec une grande diversité selon les régions et les communautés.
Le tissage, la poterie, les fêtes religieuses et les sites cham constituent des portes d’entrée importantes pour comprendre cette histoire. Ninh Thuan et Binh Thuan sont particulièrement intéressantes pour les villages artisanaux, tandis qu’An Giang permet d’approcher une autre facette de la présence cham dans le Sud.
13. Les Khmer Krom du delta du Mekong

Les Khmer Krom du delta du Mekong, dont la vie religieuse s’organise autour des pagodes bouddhistes.
- Nom officiel : Khmer, souvent appelés Khmer Krom dans le contexte du delta du Mekong.
- Population : 1 319 652 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Mon-Khmer.
- Régions principales : Soc Trang, Tra Vinh, An Giang, Kien Giang et certaines provinces du delta du Mekong.
- Où les rencontrer ? Pagodes theravada de Soc Trang et Tra Vinh, villages du delta, fêtes Chol Chnam Thmay et Ok Om Bok.
Les Khmer Krom vivent principalement dans le delta du Mekong, où leurs pagodes theravada, leurs fêtes et leurs traditions agricoles donnent une identité forte à plusieurs provinces du Sud. Les temples ne sont pas seulement des lieux religieux : ils jouent aussi un rôle éducatif, social et communautaire.
Les fêtes de Chol Chnam Thmay, Ok Om Bok ou les courses de pirogues permettent de mieux comprendre la vie culturelle khmère, lorsque les conditions de visite sont respectueuses. La région se visite toute l’année, avec une préférence pour la saison sèche et les périodes de fêtes locales.
14. Les Hoa de Ho Chi Minh Ville

Les Hoa de Ho Chi Minh Ville, héritiers d’une riche tradition artistique et commerçante.
- Nom officiel : Hoa.
- Autres appellations : communauté vietnamienne d’origine chinoise, avec des groupes cantonais, teochew, hokkien, hainanais et autres héritages régionaux.
- Population : 749 466 habitants au Vietnam en 2019.
- Famille linguistique : Han, ou sinitique.
- Régions principales : Ho Chi Minh Ville, Dong Nai, Soc Trang, Kien Giang et certaines villes du Sud.
- Où les rencontrer ? Cho Lon, temples chinois, marchés, rues commerçantes et restaurants traditionnels de Ho Chi Minh Ville.
Les Hoa sont une communauté d’origine chinoise installée depuis longtemps au Vietnam, particulièrement visible à Cho Lon, le grand quartier chinois de Ho Chi Minh Ville. Temples, associations, pharmacies traditionnelles, marchés et restaurants composent un paysage urbain très vivant.
Leur culture se découvre surtout à travers la vie de quartier : pagodes, fêtes communautaires, enseignes commerciales, cuisines régionales et cultes familiaux. La visite est possible toute l’année, avec une atmosphère particulière lors du Tet et des grandes célébrations chinoises.
15. Les petites communautés de Ha Giang, Cao Bang et Lao Cai

Les Lo Lo, une petite communauté des montagnes de Ha Giang au riche patrimoine textile.
- Communautés concernées : Lo Lo, Ha Nhi, Pa Then, Pu Peo, La Chi et Co Lao.
- Populations en 2019 : Ha Nhi 25 539, La Chi 15 126, Pa Then 8 248, Lo Lo 4 827, Co Lao 2 729 et Pu Peo 903 habitants.
- Familles linguistiques : plusieurs familles selon les communautés, notamment tibeto-birmane, Kadai et Hmong-Dao.
- Régions principales : Ha Giang, Lao Cai, Cao Bang, Lai Chau et certaines zones frontalières du Nord.
- Où les rencontrer ? Dong Van, Meo Vac, Hoang Su Phi, Y Ty, villages isolés de Ha Giang et Lao Cai.
Ces petites communautés rappellent que la diversité ethnique du Vietnam ne se mesure pas seulement au nombre d’habitants. Les Lo Lo, Ha Nhi, Pa Then, Pu Peo, La Chi et Co Lao possèdent des costumes, des langues, des rites et des mémoires locales très différentes les unes des autres.
Dans certaines régions, les villages restent difficiles d’accès et les traditions sont étroitement liées à la vie familiale. La danse sur le feu des Pa Then, les costumes Lo Lo, les maisons Ha Nhi ou les marchés de montagne attirent l’attention, mais ces pratiques demandent une grande prudence dans la manière de les observer, de les photographier et d’en parler.
Quand découvrir les ethnies du Vietnam ?
La meilleure période pour découvrir les ethnies minoritaires au Vietnam dépend avant tout de la région visitée. Le pays s’étend sur une grande diversité de reliefs et de climats : montagnes du Nord, vallées rizicoles, Hauts Plateaux du Centre ou encore delta du Mékong. Les conditions de déplacement, les paysages et les fêtes locales varient donc fortement selon les saisons.
Le printemps pour les fêtes et les marchés du Nord
Dans les montagnes du Nord, le printemps est une période particulièrement intéressante. Après le Nouvel An lunaire, de nombreuses communautés organisent des fêtes villageoises, des marchés et des cérémonies liées au renouveau de la nature et au calendrier agricole.

La fête Roóng Poọc a lieu pendant le premier mois du calendrier lunaire, généralement en février selon le calendrier solaire
Les mois de février à avril permettent également d’observer les floraisons et de découvrir une atmosphère animée dans les régions de Ha Giang, Lao Cai, Bac Ha, Sapa ou Cao Bang. Le temps peut toutefois rester frais, humide et brumeux, surtout en altitude.
De mai à juin pour les rizières en eau
À la fin du printemps et au début de l’été, les rizières en terrasse sont progressivement mises en eau. Les champs reflètent alors le ciel et dessinent de grands paysages en miroir sur les versants montagneux.

En juin à Hoàng Su Phi, les rizières en eau offrent un spectacle magique
Cette période est particulièrement appréciée dans les régions de Mu Cang Chai, Hoang Su Phi, Sapa ou Muong Lo. Elle permet également d’observer les travaux agricoles, à condition de respecter les habitants et de ne pas pénétrer dans les cultures sans autorisation.
Septembre et octobre pour les rizières dorées
Les mois de septembre et octobre comptent parmi les meilleures périodes pour visiter les villages ethniques du Nord. Les rizières arrivent à maturité et prennent des teintes jaunes et dorées avant les récoltes.

Mu Cang Chai dans la saison dorée
Les paysages sont alors particulièrement remarquables à Mu Cang Chai, Hoang Su Phi, Muong Lo et dans plusieurs vallées du Nord-Ouest. Les températures sont généralement agréables et les routes plus accessibles qu’en pleine saison des pluies.
La date exacte des récoltes varie néanmoins selon l’altitude, les conditions météorologiques et le calendrier agricole de chaque village. Il est donc préférable de se renseigner localement avant le départ.
D’octobre à avril dans les Hauts Plateaux du Centre
Pour découvrir les communautés Ede, Gia Rai, Mnong, Ba Na ou Xo Dang, la saison sèche est généralement la plus favorable. Elle s’étend approximativement d’octobre à avril dans les provinces de Dak Lak, Gia Lai, Kon Tum et Dak Nong.
Durant cette période, les routes et les pistes rurales sont plus faciles à parcourir. Les températures sont également plus confortables pour visiter les villages, les maisons communautaires et les espaces culturels liés aux gongs. La saison des pluies peut rendre certains déplacements plus difficiles, notamment dans les zones rurales et forestières.
La saison sèche dans le delta du Mékong
Dans le delta du Mékong, où vivent notamment les communautés khmères et cham, les visites sont possibles toute l’année. La saison sèche reste toutefois plus confortable pour les déplacements, les visites de pagodes et la découverte des villages.

Course de pirogues traditionnelles lors de la fête Ok Om Bok dans le delta du Mékong
Les voyageurs intéressés par les fêtes khmères, comme Chol Chnam Thmay ou Ok Om Bok, doivent vérifier les dates précises avant leur séjour. Celles-ci peuvent changer selon les années et les calendriers religieux. Il en va de même pour certaines célébrations cham.
FAQ sur les ethnies minoritaires au Vietnam
Combien y a-t-il d’ethnies au Vietnam ?
Le Vietnam reconnaît officiellement 54 ethnies. Les Kinh forment la majorité de la population, tandis que les 53 autres communautés sont considérées comme ethnies minoritaires.
Quelles sont les plus grandes ethnies minoritaires du Vietnam ?
D’après le recensement de 2019, les plus grandes ethnies minoritaires sont les Tay, les Thai, les Muong, les Hmong, les Khmer et les Nung, chacune comptant plus d’un million de personnes.
Quelle est la meilleure période pour voir les rizières et les villages ethniques du Nord ?
Les mois de septembre et octobre sont souvent les plus beaux pour les rizières dorées. Le printemps est également intéressant pour les fêtes locales, les marchés et les floraisons.
Peut-on visiter les villages ethniques sans guide ?
C’est possible dans certains lieux faciles d’accès, mais un guide local reste préférable pour comprendre les coutumes, éviter les maladresses, traduire les échanges et mieux répartir les bénéfices du voyage.
Les costumes ethniques sont-ils encore portés au quotidien ?
Cela dépend des régions, des générations et des communautés. Certains costumes sont encore portés lors des marchés, des fêtes, des mariages ou des cérémonies, tandis que l’usage quotidien diminue dans plusieurs zones urbanisées.
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