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Littérature vietnamienne

Comme les bassins fluviaux qui nourrissent la civilisation agricole du Vietnam depuis des milliers d’années, la littérature vietnamienne a été alimentée par deux grands affluents: la littérature orale et la littérature écrite d’influence chinoise.

Horizon Vietnam Travel vous propose un aperçu général sur la littérature vietnamienne.

Littérature orale

litterature orale

La tradition de la poésie orale trouve ses origines des agriculteurs. En effet, la poésie orale est souvent utilisée à la campagne car elle prend la forme de prières et de chansons pour souhaiter une bonne récolte. Plus belle était la prose, plus belle on imaginait la récolte!  C’est comme cela que sont nés les premiers poètes.

Aujourd’hui encore, elle a une forte influence dans la poésie contemporaine. Son utilisation de mots et ses thèmes montrent l’affection vers le pays. Dans la littérature orale, la poésie lyrique chantée à la première personne s’appelle le « ca dao » («ballades folkloriques»). Des récits à la troisième personne nommé le « ca tru » («chansons de cérémonie») au nord et le « vong co » («échos du passé») au sud.

« Ơn trời mưa nắng phải thì

Nơi thì bừa cạn, nơi thì cày sâu

Công lênh chẳng quản ai đâu

Ngày nay nước bạc, ngày sau cơm vàng. »

 

Traduction: « Que le beau temps

Favorise la culture du riz

Que tous les travaux au champs

Récompensent notre labeur »

Littérature écrite

L’influence chinoise sur la littérature écrite du Vietnam est bien vue. Pendant près de 1000 ans de domination chinoise, la plupart des écrits vietnamiens étaient en chinois. En d’autres termes, pour s’exprimer par écrit, les Vietnamiens devaient utiliser le système d’écriture chinois qui représentait leurs idées. Mais ceci n’était pas le cas avec le discours, on parlait encore vietnamien. Après l’indépendance du pays au 10ème siècle après JC, les érudits ont commencé à développer un système d’écriture idéographique qui représentait le discours vietnamien. Il est appelé le « chữ Nôm » (l’écriture méridionale), et existait à côté de l’écriture chinoise.

chu nom

Au début du XXe siècle, le chinois et le « chu nom » sont supprimés par l’alphabet latin. Cet alphabet a été proposé pour la première fois en 1651 par Alexandre de Rhodes – un missionnaire portugais. Le système d’écriture nommé le « Quốc ngữ » (l’écriture nationale), était beaucoup plus simple à apprendre que le chinois ou le « chữ Nôm ». Cette écriture nationale a propagé l’alphabétisation dans tout le Vietnam.

Période de la littérature écrite 

Avant Xe siècle

La littérature vietnamienne avant Xe siècle n’était pas forcément développée mais c’était un socle pour la littérature aux siècles suivants. Il s’agissait principalement de littérature bouddhiste, des textes religieux. Certains chercheurs ont découvert que le nombre d’auteurs et d’oeuvres n’était pas nombreux, pourtant ses oeuvres ont contribué à l’apparition d’une nouvelle période littéraire.

Du Xe au XIXe siècle

Le choix d’écrire en chinois ou en « chữ Nôm » a donné aux auteurs un large éventail de possibilités formelles et thématiques.

Parmi eux le luc-bat est une méthode pour faire de la poésie, la technique consiste à écrire une première ligne de 6 syllabes et la seconde ligne avec 8 syllabes. On poursuit le poème selon ce processus (six-huit).

Par la suite, le lüshi (poème régulier) est devenu l’expression lyrique préférée des écrivains. Avec le lushi, il y a autant de syllabes dans chaques lignes.

Cette dernière forme a atteint des sommets esthétiques au 19ème siècle, avec des poètes tels que l’auteur Ho Xuan Huong, qui composait des poèmes de vers réglementés qui étaient des doubles sens complets, remplis de jeux de mots tonaux.

Une grande partie de la littérature a été produite par des moines bouddhistes de l’école de Zen. Aux 10e et 11e siècles, une collection de biographies bouddhistes et de versets intitulée « Thien uyen tap anh »(littéralement «Fleurs du jardin de Zen», comprenait des œuvres de moines célèbres tels que Van Hanh, Man Giac, Vien Chieu, etc.

À la fin du XIIIe siècle, avec la secte bouddhiste Truc Lam («forêt de bambous») sous le patronage du roi Tran Nhan Tong, cette marque de bouddhisme, en tant que religion d’État, était toujours la principale influence de la littérature. Cependant, alors que le confucianisme est devenu un outil de plus en plus fiable pour gouverner et défendre le Vietnam, le lieu du talent littéraire s’est progressivement déplacé vers les hauts fonctionnaires de la cour et les hommes d’État tels que Nguyen Trai au XVe siècle ou Nguyen Binh Khiem au XVIe.

truyen kieu

Au XIXe siècle, Nguyen Du était le plus célèbre poètes dans cette période avec son « Truyen Kieu » (Le conte de Kieu). Écrit en « chữ Nôm » avec 3 253 phrases luc-bat de la tradition folklorique orale, « Le conte de Kieu » est considéré comme l’œuvre littéraire vietnamienne la plus importante qui raconte les préoccupations pour la liberté individuelle et les sentiments du destin lié au karma.

Au premier moitié du XIXe siècle, la société et la culture du Vietnam ont été affectées par la civilisation occidentale à travers le colonialisme français.

Certaines autres œuvres : « Grande Proclamation de la pacification des Chinois » – Nguyễn Trãi, « Édit sur le transfert de la capitale » – Lý Công Uẩn

chieu doi do

De 1900 à 1930

Le processus d’urbanisation au début du XXe siècle au Vietnam avait créé l’apparition des maisons d’édition, de journaux et de magazines. Le rôle de la vie culturelle et spirituelle était passé du savant confucéen aux intellectuels occidentaux. Ce fait a conduit la littérature vietnamienne à une première étape de modernisation durant les trois premières décennies du XXe siècle.

Au cours de ces trois premières décennies, on a connu certains changements importants pour que la littérature ait plus de succès. C’était du chinois à l’alphabet latin, de l’écriture à l’impression,…

Cette période est considérée comme la période de transition, de la période médiévale à la période de la littérature moderne.

Certaines autres œuvres : « Tố Tâm » – Hoàng Ngọc Phách, « Qui pourrait faire ça ? » – Hồ Biểu Chánh

to tam

De 1930 à 1945

tat den

Il y a eu un essor dans la littérature vietnamienne de 1930 à 1945. Les érudits vietnamiens apprécient hautement les grandes changements de cette période.

La littérature vietnamienne à cette époque peut être divisée en trois catégories:

– La première était la catégorie romantique dans laquelle le contenu principal exprimait l’ego des écrivains.

– Ensuite: c’est la littérature réaliste qui décrivait les faits de la vie, en particulier la réalité de la classe ouvrière qui étaient la majorité de la société.

– La dernière s’appelait «littérature révolutionnaire» ou «littérature de résistance». Elle est écrite par les prisonniers vietnamiens du colonialisme français. Cette catégorie décrivait le processus de lutte des combattants pour l’indépendance du Vietnam.

C’est pourquoi de nombreux romans et nouvelles écrites à cette époque ont été choisis pour les programmes d’études. Ils étaient très utiles pour enseigner l’histoire et la littérature vietnamiennes avec des valeurs historiques et culturelles

Certaines œuvres : « Quand la lampe s’éteint » – Ngô Tất Tố, « Le fabuleux destin de Xuan le Rouquin » – Vũ Trọng Phụng

De 1945 à 1975

Après la «Révolution d’août» pour déclarer l’indépendance du pays en 1945, le Vietnam a entamé un nouveau processus historique. Pendant ce temps, la politique a sérieusement affecté la littérature. Sous l’orientation du Parti communiste vietnamien, la littérature vietnamienne doit servir la politique. La littérature encourageait l’esprit de combat des gens dans la lutte contre les Français et les Américains. Dans cette époque, les oeuvres ont été composées principalement dans le contexte de guerres.

En 1945, plus de 90% de la population vietnamienne était analphabète. Cependant, un grand groupe d’écrivains qui étaient auparavant des agriculteurs et des travailleurs analphabètes a été formé, ce qui est considéré comme un accomplissement dans la littérature nationale.

Certaines oeuvres : « Le pays » – Nguyễn Đình Thi, « Soldats » – Chính Hữu

De 1975 à aujourd’hui:

sang thu litterature vietnamienne

Dès 1975, la littérature vietnamienne poursuit son développement. A partir de 1986, avec le processus du «Đổi Mới» (Renouveau), la littérature vietnamienne avait changé de nature. C’était pour mieux s’adapter à la vie de l’après-guerre. Le public s’intéresse davantage aux œuvres sur la vie rurale, la vie des jeunes vietnamiens aujourd’hui et la culture vietnamienne.

Les lecteurs étrangers se familiarisent avec des écrivains contemporains comme Bao Ninh, Nguyen Nhat Anh, Nguyen Ngoc Tu, etc. Par exemple, le «ticket de retour à l’enfance» de Nguyen Nhat Anh a été traduit en thaï en 2011 et traduit en coréen en 2013. En 2014, le livre a été traduit en anglais et présenté aux américains. Le poète Mai Van Phan a créé un phénomène avec cinq poèmes traduits et promus à l’étranger par un éditeur britannique.
Ces dernières années, plusieurs auteurs vietnamiens ont reçu des prix internationaux pour leurs traductions littéraires.

Certaines œuvres : « Le trace d’un soldat » – Nguyễn Minh Châu, « Quand arrive le printemps » – Hữu Thỉnh

Certaines œuvres populaires dans la littérature vietnamienne 

«Lão Hạc» (M. Hac, Le pauvre vieil homme) (1943 – l’auteur Nam Cao)

M.Hac était un pauvre fermier. Sa femme est décédée et il n’avait qu’un jardin et un fils. Faute d’argent pour épouser sa femme, le fils était déçu et a quitté la maison. Depuis lors, M. Hac a vécu avec le chien. Mais après, il devait même vendre son chien pour avoir un peu de l’argent pour son fils. Il a envoyé cet argent au voisin qui était enseignant, puis a demandé à Binh Tu, un autre voisin, un peu de poison au chien. Puis soudain, M. Hac est décédé. Personne ne connaissait la raison, sauf le professeur et Binh Tu…

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« Vợ chồng A Phủ » (M. et Mme A Phu) (1952 – l’auteur Tô Hoài)

My – une belle jeune fille pauvre a été kidnappée et arrêtée pour devenir la belle-fille de Pa Tra – le chef du village. Elle devait travailler très dur chez Pa Tra. A Phu était un pauvre jeune homme mais courageux qui devait payer une amende à la famille de Pa Tra. Sans argent, A Phu devenait le serviteur de Pa Tra. Une fois A Phu a commis une erreur, ainsi il était attaché devant la maison. La nuit, My ne pouvait pas dormir parce qu’elle avait froid et elle a vu que A Phu était sur le point de mourir. Elle s’est détachée pour lui et tous les deux s’échappaient de la famille de Pa Tra.

Ils se sont mariés et ont commencé une nouvelle vie heureuse à un autre village. Puis ils ont rencontré A Chau qui était un communiste. Avec les habitants de ce village, ils ont combattu les Français pour protéger le village.

Horizon Vietnam Travel espère que cet article vous sera utile et vous donnera un bon aperçu sur la littérature vietnamienne!

 

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